mercredi 7 octobre 2026

Destruction du Monde pour le Profit d'un seul État ?

Avec la Confrontation Israélo-Iranienne, sommes-nous face à une Guerre visant à Détruire le Monde pour Réaliser les Ambitions d’un seul État ! 


Par Angelo Giuliano

La confrontation israélo-iranienne n'est plus un conflit limité à la région entre deux puissances. 
Elle est devenue l'épicentre d'un conflit bien plus vaste, impliquant les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Europe. 
Routes énergétiques, alliances militaires, pressions financières et influence politique convergent ici. 
Ce qui, à première vue, apparaît comme une simple crise au Moyen-Orient est en réalité un mécanisme susceptible de remodeler l'ordre mondial. 
Les coûts seraient supportés par de nombreux pays. 
Les gains stratégiques seraient concentrés en un seul lieu. 
Un choc mondial de cette ampleur servirait avant tout les intérêts israéliens.

•• Une crise qui s'étend bien au-delà du Moyen-Orient ! 
Ce schéma n'est pas nouveau. 
Depuis des années, la politique américaine s'efforce de contenir simultanément la Russie en Europe et la Chine en Asie. 
Une guerre centrée sur l'Iran permettrait à Washington de frapper plusieurs cibles à la suite d'une seule crise. 
L'Iran est une puissance régionale dotée de missiles, de forces interposées et d'une influence s'étendant du Levant au Golfe. 
C'est également un allié de Moscou et un partenaire de Pékin. 
Si l'Iran est affaibli, la Russie perd un partenaire précieux au Moyen-Orient. 
La Chine, quant à elle, perd une source d'énergie fiable et un carrefour stratégique dans les réseaux commerciaux qui traversent le Golfe persique.

•• Le détroit d'Ormuz comme levier mondial ! 
Le détroit d'Ormuz est crucial. 
Une part importante du pétrole mondial transite encore par ce passage maritime étroit. 
Toute perturbation majeure à cet endroit entraînerait une flambée des prix, ébranlerait les marchés financiers et contraindrait les gouvernements à se ruer sur le carburant. 
L'Europe et la France, déjà fragilisées par la guerre en Ukraine et des années de politiques énergétiques coûteuses, en ressentiraient immédiatement les conséquences. 
Un conflit local pourrait dégénérer en crise économique mondiale en quelques jours.

•• Pourquoi Israël a le plus à gagner ! 
Israël est au cœur de ces considérations. 
L'Iran est le dernier grand État de la région à résister encore à la domination militaire et politique d'Israël. 
Lever ou affaiblir cet obstacle modifierait l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. 
Cela réduirait la menace des missiles, des milices et de l'isolement diplomatique. 
De plus, cela ouvrirait la voie à un projet territorial et politique plus ambitieux. 
C'est pourquoi la pression sur Washington ne faiblit jamais vraiment.

•• La politique américaine et une élite partagée ! 
Le récit communément admis présente les États-Unis et Israël comme deux États distincts négociant entre eux. 
Cette image est incomplète. 
Au plus haut niveau, les mêmes élites financières, politiques et médiatiques circulent entre Washington et Tel-Aviv. 
Elles siègent aux mêmes conseils d'administration, financent les mêmes campagnes, possèdent les mêmes réseaux et considèrent les deux pays comme les composantes d'un même système stratégique. 
Certaines de ces élites privilégient la puissance américaine, d'autres Israël. 
La différence réside dans l'importance accordée à ces deux forces, et non dans l'appartenance à une classe sociale. 
La politique n'est pas tant le fait de deux nations rivales que d'un cercle restreint capable de déplacer les ressources, les guerres et le discours public d'une capitale à l'autre. 
Le lobby pro-israélien aux États-Unis est la manifestation la plus visible de cette situation. 
Il finance les campagnes électorales, influence la couverture médiatique et empêche d'envisager certaines options. 
Donald Trump est souvent présenté comme un homme agissant uniquement dans l'intérêt américain. 
En réalité, il est pris en étau entre deux forces au sein de cette même élite. 
D'une part, l'électorat "L'Amérique d'abord", partisan d'une réduction des conflits à l'étranger. 
D'autre part, les ressources financières, les réseaux et les attentes de ceux qui soutiennent plus ouvertement Israël. 
La politique envers l'Iran se forge dans ce contexte de tensions. 
Il en résulte des États-Unis capables de prôner la retenue tout en s'orientant vers la confrontation.

•• L'Iran est devenu une forteresse ! 
L'Iran ne se comporte plus comme un pays attendant d'être isolé et soumis par des sanctions. 
Il s'est transformé en forteresse. 
Sa situation géographique, son programme de missiles, ses alliances et sa cohésion interne sont autant d'atouts qui contribuent à sa solidité. 
La Russie et la Chine lui apportent un soutien diplomatique et matériel. 
Son appartenance à un bloc non occidental plus vaste, incluant les pays BRICS, lui offre des alternatives au système financier et commercial occidental.

•• Religion, martyre et persévérance nationale ! 
Au sein du pays, religion et politique sont inextricablement liées. 
Le chiisme et la culture du martyre ne sont pas de simples ornements ; ils sont sources de résilience. 
Ils enseignent que le sacrifice a un sens et que la retraite est une honte. 
Cela rend la capitulation politique bien plus difficile que ne le pensent souvent les observateurs extérieurs. 
Téhéran peut endurer la souffrance. Il peut attendre. 
Il peut aussi riposter de manière à fermer le détroit d’Ormuz ou à embraser les marchés de l’énergie.

•• L'Europe n'est pas préparée au choc ! 
L'Europe est mal préparée à un tel choc. 
L'OTAN a beau prôner l'unité, l'unité ne produit ni pétrole ni gaz. 
Une crise énergétique prolongée ferait flamber les prix, alimenterait l'inflation et fragiliserait davantage des finances publiques déjà précaires. 
Le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale serait encore plus remis en question, les pays cherchant des routes commerciales alternatives. 
Un système multipolaire est déjà en train d'émerger. 
La Chine, la Russie et leurs partenaires mettent en place des systèmes de paiement, des accords énergétiques et des alliances politiques qui opèrent en dehors de Washington.

•• Un monde multipolaire accéléré par la guerre ! 
Chaque mois de prix élevés de l'énergie et de tensions militaires accélère ce processus. 
Les gouvernements européens qui ont opté pour des transitions énergétiques coûteuses et un soutien indéfini à l'Ukraine seraient confrontés à des choix encore plus difficiles. 
Les ménages devraient payer plus cher. 
L'industrie perdrait du terrain. 
Le mécontentement politique s'accroîtrait. 
La guerre ne se limiterait plus à la carte du Golfe ; elle imprégnerait la vie quotidienne.

•• La vision du Grand Israël ! 
Derrière les cartes et les missiles se cache une idée plus profonde. 
Certains courants politiques israéliens ne perçoivent pas le conflit actuel comme un simple problème de sécurité, mais comme une composante d'une mission historique plus vaste. 
Le concept de Grand Israël ne se résume pas à des frontières sur une carte ; il est intimement lié à des aspirations religieuses et messianiques. 
Dans cette perspective, les guerres majeures et les catastrophes ne sont pas de simples dangers, mais des étapes sur le chemin d'une transformation promise.

•• La catastrophe comme horizon politique ! 
Les textes anciens évoquent des batailles colossales et un monde bouleversé par la catastrophe. 
Lorsque ces idées influencent les instances décisionnelles en matière de stratégie, la notion de risque se transforme. 
Une guerre contre l'Iran n'est plus seulement un pari risqué pour des missiles et du pétrole ; elle devient une porte d'entrée potentielle vers une ère nouvelle. 
Par conséquent, ce conflit ne peut être appréhendé uniquement à travers des statistiques militaires.

•• Guerre de l'information et division sociale ! 
La guerre de l'information se déroule en parallèle de la campagne militaire. 
Des récits sont construits pour justifier l'escalade, masquer les coûts et discréditer l'opposition en la présentant comme un échec moral. 
Ces récits se propagent aisément car les mêmes réseaux d'élites contrôlent une grande partie des médias des deux côtés de l'Atlantique. 
En France et dans toute l'Europe, les répercussions sociétales ne resteraient pas abstraites. 
La hausse des prix du carburant, l'inflation et le sentiment que les guerres lointaines sont financées par le marché intérieur accentueraient les divisions politiques existantes. 
La confiance dans les institutions s'éroderait davantage. 
Les partis promettant protection et rupture avec le statu quo gagneraient du terrain.

•• Qui paie et qui en profite ? 
Le bouleversement imminent relève donc moins du hasard que de la convergence de divers intérêts. 
La politique de puissance américaine vise à contenir la Russie et la Chine. 
La stratégie israélienne, quant à elle, a pour objectif de briser l'Iran. 
Les mêmes élites contrôlent ces deux priorités, tout en se disputant celle qui devrait primer. 
Des visions religieuses et politiques confèrent à cette confrontation une portée qui dépasse le cadre de la politique étrangère ordinaire. 
Les marchés de l'énergie, le dollar, l'OTAN et les sociétés européennes seront le théâtre des conséquences. 
Une catastrophe mondiale de cette ampleur n'affecterait pas tout le monde de la même manière. 
Elle profiterait au pays qui a le plus à gagner de la destruction de son dernier grand rival régional, ainsi qu'à l'élite qui perçoit les puissances israélienne et américaine comme deux instruments d'un même projet.

https://uncutnews.ch/der-iran-israel-und-der-bevorstehende-globale-schock-ein-krieg-der-darauf-abzielt-die-welt-zu-zerstoeren-um-die-ambitionen-eines-einzigen-staates-zu-verwirklichen/