lundi 28 septembre 2026

L’Europe s’efforce d’endiguer la Crise Énergétique !

L’Europe s’efforce d’endiguer la Crise Énergétique à l’aide de Mesures Disparates comme des Baisses sur les Taxes ou des Aides Sectorielles ! 


Alors que les pays européens s’efforcent de mettre en place des mesures d’urgence pour faire face à la crise énergétique, certains craignent que la véritable crise d’approvisionnement provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine ne puisse en aucun cas être résolue par des mesures politiques seules


Les gouvernements européens se précipitent pour amortir un choc pétrolier que même certains analystes refusent désormais de prévoir, alors que le Brent se maintient à près de 100 dollars le baril et que les prix du diesel grimpent dans toute l’Europe. 
Le marché international du pétrole est cher depuis des mois. 
Ce qui a changé, c’est la confiance de ceux qui sont payés pour l’expliquer. JPMorgan a indiqué à ses clients le 17 septembre que, pour la première fois depuis le début des tensions autour de l’Iran il y a environ sept mois, son équipe chargée des matières premières n’avait plus de scénario de référence quant à la manière dont cette perturbation allait prendre fin.
"Nous ne savons tout simplement pas comment modéliser la fin de la crise", ont écrit les analystes de la banque, après que plusieurs seuils économiques – dont un prix du pétrole supérieur à 100 dollars le baril – qu’ils pensaient auparavant susceptibles d’imposer une issue diplomatique ont déjà été franchis. 
La banque a indiqué qu’un prix du Brent avoisinant les 90 dollars aurait été cohérent avec l’offre et la demande connues en septembre. 
Les contrats à terme se sont en revanche négociés autour de 100 dollars, voire plus, les traders anticipant le risque de pertes supplémentaires que personne ne peut encore mesurer. 
Lundi, le Brent à échéance la plus proche oscillait toujours autour de 99 dollars le baril. 
Les stocks ne contribuent guère à amortir le choc. 
L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a déclaré que les prix devraient rester élevés jusqu’à ce que le commerce du pétrole au Moyen-Orient soit rétabli et que les stocks puissent être reconstitués. 
Le rapport de septembre de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a présenté l’ampleur de la baisse en termes encore plus saisissants : les stocks mondiaux observés ont encore diminué de 95 millions de barils en août, portant la baisse cumulée depuis février à 507 millions de barils, soit environ 2,8 millions de barils par jour. 
L’offre mondiale de pétrole devrait désormais s’établir en moyenne à 100,7 millions de barils par jour en 2026, soit une baisse de 5,7 millions par rapport à l’année précédente. 

•• La Pénurie de Gazole est aiguë ! 
Dans certains pays, comme la Hongrie, on observe un déséquilibre majeur en termes de sources d’énergie disponibles. 
Les stocks stratégiques de brut restent abondants, mais le gazole vient rapidement à manquer. 
Les données de l’Association hongroise de stockage des hydrocarbures indiquent que les stocks de gazole s’élevaient à 520,3 kilotonnes fin janvier et à environ 390 kilotonnes à la fin des mois de juillet et d’août. 
Cette réserve de gazole plus réduite a son importance dans un pays où plus de 1,3 million de voitures particulières fonctionnent à ce carburant et où le marché régional se dispute les mêmes importations limitées. 
Les prix à la pompe ont déjà évolué. 
Selon les observatoires officiels et commerciaux, le prix du gazole en Hongrie s’établissait à environ 701 forints le litre fin septembre selon certaines séries officielles, et avoisinait les 730 forints selon les moyennes quotidiennes des stations-service — bien au-dessus des quelque 593 forints enregistrés fin juin. 
À Budapest, la crainte initiale n’était pas de savoir si les prix allaient augmenter, mais à quelle vitesse la barre des 800 forints cesserait de sembler un plafond lointain. 
Cette rapidité n’est pas un mystère pour les responsables des banques centrales. 
Une étude de la Banque de Slovénie portant sur les données de la zone euro de 2005 à 2026 a révélé qu’une hausse de 10% du Brent entraîne, à long terme, une augmentation des prix hors taxes du diesel et de l’essence d’environ 6,5% et 6,2%, respectivement. 
Une grande partie de cette hausse se répercute dans les stations-service dès les deux premières semaines — plus rapidement que ne le laisserait supposer la chaîne logistique physique du transport, du raffinage et de la distribution en gros.

La Banque centrale européenne est parvenue à une conclusion similaire et a ajouté une complication indésirable : les marges de raffinage peuvent amplifier le choc. 
Lors de la flambée du printemps, le Brent a brièvement atteint 138 dollars le baril, tandis que le prix du diesel à la sortie des raffineries a bondi à 197 dollars. 
Les services de la BCE ont par la suite estimé que les marges de raffinage contribuaient à hauteur d’environ 41 centimes d’euro par litre au prix de détail du diesel dans la zone euro à la mi-septembre, et ils ont indiqué aux journalistes que ces marges sur le diesel pourraient ne pas atteindre leur pic avant octobre. 
La baisse est plus lente que la hausse. 
Les taxes, les coûts de raffinage et de transport, les stocks, les marges et la concurrence locale retardent tous le soulagement lorsque le prix du brut finit par baisser. 
C’est cette asymétrie qui explique pourquoi les gouvernements agissent dès maintenant, avant que la hausse des factures de carburant ne se répercute sur le fret, l’alimentation et les services et ne fasse grimper l’inflation générale. 

•• Une crise à l’échelle européenne ! 
Le dilemme politique est le même de Lisbonne à Varsovie : protéger les ménages et les entreprises de transport routier sans signer un chèque en blanc pour la consommation de combustibles fossiles. 
L’Europe a répondu par un ensemble de mesures disparates plutôt que par une règle unique. 
Certains gouvernements plafonnent les prix de détail. 
D’autres réduisent les droits d’accise, parfois en dessous du minimum fixé par l’Union européenne. 
Un troisième groupe vise à aider les agriculteurs, les transporteurs et autres gros consommateurs. 
Quelques-uns laissent encore les prix mondiaux se répercuter sur les consommateurs sans aucun amortisseur. 
Il en résulte que le même baril de pétrole peut entraîner des prix à la pompe qui varient considérablement d’un bout à l’autre de l’Europe.

•• Voici quelques exemples illustrant la situation en Europe à cet égard. 
• L’Autriche a mis en place une réduction de la taxe sur les huiles minérales de 1,9 centimes d’euro par litre jusqu’à fin septembre.
• La Belgique a instauré un plafond officiel des prix.
• La Croatie a réduit l’accise sur le diesel de 3 centimes supplémentaires, la ramenant ainsi à 10 centimes en dessous du seuil minimal fixé par l’UE ; Zagreb indique que le prix moyen du diesel s’élève à 1,91 euro le litre, contre 2,26 euros sans cette intervention.
• Chypre propose une réduction de 8,33 centimes jusqu’au 30 novembre.
• Le Luxembourg prend en charge 5 centimes du prix à la pompe de juillet à décembre.
• Malte recourt à des aides d’État directes pour maintenir les prix en dessous de la moyenne de la zone euro.
• Le Portugal a décidé le 17 septembre de réaffecter les recettes supplémentaires de TVA provenant de la hausse du prix des carburants à des allègements fiscaux d’une valeur d’environ 1,3 milliard d’euros jusqu’à la fin de l’année.
• La Slovénie a fixé des plafonds officiels à 1,748 euro pour l’essence et à 2,012 euros pour le diesel au cours de la semaine du 22 au 28 septembre.
• L’Espagne a maintenu une réduction des droits d’accise inférieure au minimum de l’UE jusqu’au 30 septembre.
L’Italie a réduit et plafonné les droits d’accise sur le diesel jusqu’au début du mois d’octobre.
• Le Monténégro et la Serbie combinent des plafonds de vente au détail avec des droits d’accise réduits. 

•• Des aides ciblées sont mises en place en parallèle ! 
• La Grèce a prolongé jusqu’en octobre une subvention de 10 centimes par litre sur le diesel et prépare un dispositif concernant le fioul domestique.
• La France a orienté ses mesures d’allègement vers l’agriculture, les travailleurs effectuant de longs trajets et le secteur de la construction, plutôt que de procéder à une réduction générale.
• L’Irlande accorde un remboursement des droits d’accise aux transporteurs commerciaux et aux exploitants d’autobus.
• L’Espagne a ajouté un programme de 402 millions d’euros destiné aux transporteurs routiers, en plus de sa réduction fiscale générale.
• L’Italie offre aux transporteurs un crédit d’impôt pour compenser les surcoûts antérieurs. 

•• Des mesures plus importantes sont encore en cours d’examen au sein des parlements. 
• L’Allemagne réduira la taxe sur l’énergie de 14 centimes par litre du 1er octobre jusqu’à la fin de l’année, soit environ 17 centimes si l’on tient compte de la baisse de la TVA, dans le cadre d’un plan de 2,5 milliards d’euros. 
Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que les conducteurs qui dépendent d’une voiture au quotidien "atteignent leur point de rupture". 
Berlin est également en pourparlers avec l’industrie pétrolière au sujet d’un plafonnement temporaire des prix, sur le modèle du Luxembourg ou de la Belgique, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027.
• Le gouvernement tchèque rétablira un plafond sur la marge des stations-service à compter du 1er octobre, réduira la taxe sur le diesel au minimum européen et plafonnera les marges de vente au détail à 2,50 couronnes par litre.
• La Pologne a proposé un prélèvement de 60% sur les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières afin de financer environ 4 milliards de zlotys d’allègements tarifaires, bien que ce projet se heurte à des obstacles parlementaires et constitutionnels.

•• L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette réponse de mondiale, et non pas simplement européenne. 
En l’espace de quelques mois, le nombre de pays appliquant des subventions sur les carburants est passé de 16 à 38, et celui des pays réduisant les taxes sur l’énergie est passé de 40 à 57. 
Le Pew Research Center, s’appuyant sur les chiffres de l’AIE datant de la mi-juin, a recensé 113 pays ayant pris au moins une mesure relative au coût de l’énergie après la guerre en Iran, dont des modifications fiscales dans 55 pays et des subventions sur les carburants dans 32. L’avertissement de l’Agence elle-même est implicite dans ces chiffres : les gouvernements traitent le symptôme à la pompe parce qu’ils ne peuvent pas rouvrir le détroit d’Ormuz depuis un Ministère des Finances ni mettre fin à la guerre en Ukraine.

Traduction de Remix News par Aube Digitale
Partagé par Jade le 28 septembre 2026 
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