vendredi 10 avril 2026

Israël Rompt le Cessez-le-Feu !

Dans un récent entretien avec le Journaliste Américain Glenn, le Professeur Iranien Seyed Mohammad Marandi analyse les derniers Développements au Moyen-Orient !  


Seyed M. Marandi : Israël rompt le cessez-le-feu, l’Iran riposte par des frappes de missiles : scénarios possibles ! 

Dans un récent entretien avec le journaliste américain Glenn, le professeur iranien Seyed Mohammad Marandi analyse les derniers développements au Moyen-Orient. 
Marandi, maître de conférences à l'université de Téhéran et ancien conseiller de l'équipe de négociation iranienne sur le nucléaire, décrit la violation du cessez-le-feu par Israël, les représailles iraniennes et le contexte complexe des négociations avec les États-Unis.

•• Le conflit actuel et la violation du cessez-le-feu ! 
Selon Marandi, Israël a violé massivement le cessez-le-feu récemment conclu. 
Lors de l'enregistrement de l'interview, le 8 avril, des missiles iraniens ont été tirés vers Israël en riposte directe aux attaques israéliennes en cours contre le Liban. 
Israël bombarde sans relâche les villes et les civils libanais, faisant des centaines de morts, dont de nombreuses femmes et enfants. 
Ces bombardements se poursuivent malgré l'accord de cessez-le-feu. 
Marandi souligne que le Premier ministre pakistanais a clairement indiqué sur Twitter que le Liban était partie prenante du cessez-le-feu. 
Pourtant, le président américain Trump affirme qu'il s'agit d'une "escarmouche distincte". 
Ces contradictions révèlent la faiblesse de Trump et la volonté de Netanyahu de saboter délibérément le processus de paix. 
Ces attaques visent à saper le cessez-le-feu et à servir ses propres objectifs politiques en radicalisant davantage la population israélienne.

•• Contexte des négociations et plan Iranien ! 
L'interview éclaire le contexte du cessez-le-feu. 
Les États-Unis avaient initialement exigé la "capitulation sans condition" de l'Iran, comme lors de la précédente guerre des douze jours. 
Cette position a évolué vers un plan en quinze points, rejeté par l'Iran. 
Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien, avec la participation du Guide suprême Ali Khamenei, a alors élaboré son propre plan en dix points. 
Ce dernier a été transmis aux États-Unis via le Pakistan et finalement accepté par Trump comme base de négociations. 
Marandi qualifie cette étape de symboliquement importante : un empire arrogant comme les États-Unis a été contraint de reconnaître les droits d’une nation souveraine. 
Néanmoins, le scepticisme est de mise. 
Les États-Unis sont un empire extrêmement arrogant, et Trump est le plus arrogant de ces "empereurs". 
Les négociations avec lui sont imprévisibles car il change constamment de position.

•• Situation militaire et force iranienne ! 
Malgré le cessez-le-feu, l'Iran se prépare au pire. 
Marandi, qui a lui-même combattu comme volontaire pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, souligne les préparatifs de longue haleine de l'Iran : depuis plus de 25 ans, le pays développe et stocke des missiles et des drones – bien plus que l'autre camp ne le soupçonne. 
Au cours des 40 derniers jours, l'Iran a attaqué sans relâche des cibles en Israël, des bases américaines et d'autres acteurs impliqués dans le conflit, sans que ses capacités de frappe ne soient affectées. 
Les États-Unis sont confrontés à des problèmes majeurs : leurs troupes ont été déployées précipitamment dans la région, des bases ont été détruites et les conditions climatiques extrêmes (chaleur, humidité, tempêtes de sable) du golfe Persique affectent gravement le matériel et la logistique. 
Les coûts de réparation des conflits précédents se sont chiffrés en centaines de milliards de dollars. 
À cela s’ajoutent les pressions politiques internes aux États-Unis et les critiques internationales. 
La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran accentue encore ces pressions.

•• Le rôle d'Israël, des États-Unis et des médias occidentaux ! 
Marandi critique vivement le double discours de l'Occident. Alors qu'Israël bombarde des zones civiles libanaises selon la "doctrine de la dahiya" (destruction systématique de quartiers entiers) – comparable à "tondre la pelouse" à Gaza –, la presse occidentale reste muette ou justifie ces attaques en les qualifiant de frappes contre des "bases du Hezbollah". 
Ni le Washington Post, ni le New York Times, ni le Guardian, ni aucun commentateur, qu'il soit libéral ou conservateur, n'ont exprimé d'indignation face aux menaces de Trump de "ramener l'Iran à l'âge de pierre" ou d'anéantir la civilisation iranienne. 
L'Occident est gouverné par une "classe Epstein", une élite oligarchique dépourvue de toute morale. 
Les Iraniens et les musulmans sont perçus comme des "Amalécites" (ennemis bibliques) et des sous-hommes. 
Cette attitude sape la légitimité humanitaire et démocratique de l'Occident.

•• Le détroit d'Ormuz et ses conséquences économiques ! 
Un point crucial des négociations concerne le contrôle du détroit d'Ormuz. 
L'Iran a temporairement fermé cette voie maritime stratégique et exige désormais une gestion conjointe ou des accords de redevances, possiblement avec Oman. 
Cette demande n'était pas une intention initiale de l'Iran, mais une conséquence directe de l'attaque américaine. 
Le contrôle du détroit renforcerait considérablement l'Iran, tout en donnant l'impression d'un pays affaibli par les États-Unis. 
La fermeture entrave gravement le transport du pétrole, du GNL et des engrais et menace de déclencher une récession mondiale. 
Des pays comme l'Inde en ressentent déjà les conséquences économiques. 
Marandi y voit une perte de pouvoir pour les États-Unis : les pays du Sud pourraient désormais agir avec plus d'assurance.

•• Perspectives d'avenir : négociations ou nouvelle guerre ? 
Marandi se montre pessimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord global dans les deux semaines prévues. 
Il est possible que les points les plus faciles soient réglés et que l'échéance soit repoussée. 
Les dix points fondamentaux de la position iranienne – notamment l'enrichissement d'uranium, le programme balistique et les relations régionales – sont difficiles à accepter pour un empire arrogant. 
Scénarios possibles : 
• Poursuite des attaques israéliennes contre le Liban et représailles iraniennes. 
• La participation des États du Golfe (par exemple, les Émirats arabes unis) est possible, mais ils sont militairement impuissants. Leurs infrastructures critiques, exposées sur le littoral, seraient immédiatement menacées en cas de conflit. 
• Une transition vers une guerre purement irano-israélienne, dans laquelle les États-Unis resteraient indirectement impliqués (ravitaillement, reconnaissance). 
Les dictatures du Golfe ont fragilisé leur position en soutenant les États-Unis. 
L'Iran privilégiera les États amis (Chine, Russie) lors du transit par le nœud maritime d'Ormuz et fera preuve de discrimination envers ses opposants.

•• Alliances régionales et conséquences à long terme ! 
La force de l'Iran repose sur ses partenariats avec l'Irak, le Yémen et le Hezbollah, qui agissent de manière autonome. 
Ces alliances ont compliqué le conflit. 
À long terme, les frontières pourraient évoluer si les politiques de confrontation des États du Golfe se poursuivent. 
Marandi conclut par une réflexion historique : le conflit aurait pu être évité si les États-Unis avaient écouté des voix comme celles de Flynt et d’Hillary Leverett (auteurs de "Going to Tehran"). 
Au lieu de cela, l’influence sioniste a empêché la paix. 
L’Iran a même proposé sa coopération après le 11 septembre, mais a été déçu.

•• Conclusion : 
L'interview dresse le portrait d'un Iran sûr de lui, sortant du conflit renforcé militairement, stratégiquement et symboliquement. 
Elle souligne également l'instabilité engendrée par les provocations israéliennes et l'imprévisibilité des États-Unis. 
La pérennité du cessez-le-feu dépend largement de la capacité des États-Unis à contenir Israël, ce dont Marandi doute fortement. 
Les jours et les semaines à venir seront déterminants pour l'issue des négociations : progressera-t-il ou le conflit s'intensifiera-t-il ? 
La fermeture du détroit d'Ormuz et les tirs de missiles iraniens envoient un signal clair : l'Iran est prêt à défendre sa souveraineté et les droits de la région par tous les moyens nécessaires.



https://uncutnews.ch/seyed-m-marandi-israel-bricht-waffenstillstand-iran-antwortet-mit-raketenangriffen-und-moegliche-szenarien/