Les Premiers Intervenants sur le Site de l'Accident Nucléaire de Tchernobyl ont subi des Mutations de leur ADN que l'on Retrouve chez leurs Enfants !

À l'époque, des centaines de milliers de personnes ont travaillé au nettoyage des déchets radioactifs et à la sécurisation de la zone. | IAEA Imagebank via Wikimedia Commons
Près de quarante ans après l'explosion du réacteur, une étude révèle que l'exposition prolongée aux radiations a laissé une empreinte durable dans l'ADN des travailleurs… et de leur descendance.
Le 26 avril 1986, il est 1h23 du matin lorsqu'une explosion secoue la centrale de Tchernobyl, dans ce qui était alors une région de l'URSS, aujourd'hui ukrainienne.
Il est déjà trop tard quand un employé s'empresse d'appuyer sur le bouton d'urgence.
La fusion du cœur d'un des réacteurs vient de déclencher la plus grave catastrophe nucléaire de l'histoire.
À l'époque, des centaines de milliers de personnes travaillent au nettoyage des déchets radioactifs et à la sécurisation de la zone, on les appelle les "liquidateurs".
À l'époque, des centaines de milliers de personnes travaillent au nettoyage des déchets radioactifs et à la sécurisation de la zone, on les appelle les "liquidateurs".
Elles s'exposent aux radiations, tombent malades, certaines en meurent.
Aujourd'hui, les effets de ces radiations sont étudiés de près sur les survivants : en examinant les gènes de ces derniers, des chercheurs ont remarqué que certaines mutations avaient été transmises à leurs enfants.
"Il est nécessaire d'étudier ces effets afin de concevoir des mesures préventives efficaces, déclare le physicien Peter Krawitz, de l'université de Bonn en Allemagne, dans une étude récemment publiée dans la revue Nature.
"Il est nécessaire d'étudier ces effets afin de concevoir des mesures préventives efficaces, déclare le physicien Peter Krawitz, de l'université de Bonn en Allemagne, dans une étude récemment publiée dans la revue Nature.
Le risque de transmission d'altérations génétiques radio induites à la génération suivante est particulièrement préoccupant pour les parents qui ont pu être exposés à des doses plus élevées de rayonnements ionisants et potentiellement pendant des périodes plus longues que celles considérées comme sûres."
Comment cela est-il possible?
Comment cela est-il possible?
Les radiations attaquent directement nos cellules via l'eau (nous en sommes composés à 70%).
Ces molécules d'eau deviennent alors hyperagressives et instables.
Pour se stabiliser, elles vont s'attacher à l'ADN, qu'elles vont soit directement casser, soit abîmer.
Nos cellules, en panique, vont donc essayer de le réparer, mais en recollant parfois les mauvaises informations au mauvais endroit.
C'est ce qu'on appelle la translocation.
Les conséquences sont assez simples: soit la cellule est trop abîmée et meurt, soit la translocation développe des tumeurs.
Une transmission d'une génération à l'autre !
Mais pour Peter Krawitz, le problème ne s'arrête pas là.
Mais pour Peter Krawitz, le problème ne s'arrête pas là.
Le chercheur a essayé de détecter ces mutations directement chez les enfants.
Pour ce faire, il a isolé les génomes des personnes ayant participé au nettoyage de Tchernobyl, ainsi que celui d'opérateurs de radars militaires allemands durant la Guerre froide.
En étudiant les génomes à la recherche d'anomalies, les chercheurs ont ciblé les zones de l'ADN présentant des lésions.
En étudiant les génomes à la recherche d'anomalies, les chercheurs ont ciblé les zones de l'ADN présentant des lésions.
Les descendants de Tchernobyl en présentent beaucoup plus que les autres.
La plupart n'étaient pas graves, mais l'augmentation du nombre de nouvelles mutations s'est révélée directement liée à l'exposition du père aux radiations.
Autrement dit, ces mutations peuvent se transmettre d'une génération à l'autre.
L'analyse génétique des descendants l'a confirmé: les mutations sont nettement plus fréquentes chez les enfants de parents irradiés que chez le reste de la population.
Invisibles même au microscope, ces mutations seraient restées indétectables sans le séquençage génomique.
Malgré ces mutations héréditaires, les enfants ne développent pas pour autant de maladies ou de malformations. Cette exposition semble donc être un facteur moins important que l'âge des parents au moment de la conception de l'enfant pour ce qui est des maladies génétiques, explique Popular Mechanics.
"Cette étude est la première à démontrer l'existence d'un effet transgénérationnel d'une exposition paternelle prolongée à de faibles doses de rayonnements ionisants, conclut Peter Krawitz.
"Cette étude est la première à démontrer l'existence d'un effet transgénérationnel d'une exposition paternelle prolongée à de faibles doses de rayonnements ionisants, conclut Peter Krawitz.
Ces résultats ouvrent plusieurs pistes de recherche prometteuses pour caractériser plus précisément les signatures transgénérationnelles de l'effet des rayonnements sur le génome humain."
Par Lucas Déprez-Rose le 7 février 2026 :
Repéré sur Popular Mechanics
https://www.slate.fr/sciences/tchernobyl-intervenants-radiation-catastrophe-nuclelaire-mutations-genetique-enfant-heredite-adn-genome
Par Lucas Déprez-Rose le 7 février 2026 :
Repéré sur Popular Mechanics
https://www.slate.fr/sciences/tchernobyl-intervenants-radiation-catastrophe-nuclelaire-mutations-genetique-enfant-heredite-adn-genome
