lundi 13 avril 2026

Le Libre-Échange Capitaliste et Appauvrissement Mondial !

Le Libre-Échange, Érigé presque en Religion, est en Réalité une Orgie d'Avidité qui finit par Détruire les Structures de toutes les Économies ! 


Par Peter Haisenko

Le monde, l'économie mondiale, fonctionnerait mieux si tous les pays et tous les États produisaient les biens dont ils ont besoin et pouvaient les fabriquer localement. 
Dès lors que ces biens sont importés parce qu'ils sont moins chers à l'étranger, un cercle vicieux s'enclenche, plongeant les deux parties dans une spirale d'appauvrissement. 
Dans une économie moderne, seuls quelques pays sont capables de tout produire eux-mêmes. 
Ce n'est pas un problème en soi. 
C'est pourquoi le commerce existe. 
Prenons l'exemple des produits agricoles qui ne peuvent être cultivés que sous des climats spécifiques, ou des matières premières qui ne peuvent tout simplement pas être extraites du sol d'un pays donné, car elles n'y sont pas présentes. 
Ces matières premières doivent être importées si nécessaire. 
À l'inverse, certains pays sont incapables de produire certains biens faute de savoir-faire. 
Si ces biens sont échangés au-delà des frontières à un prix équilibré, aucun problème ne se pose. 
Chacun produit ce qu'il peut et importe ce qu'il ne peut pas. 
Il est indispensable de maintenir un équilibre des échanges commerciaux, ce qui peut être réalisé grâce à de multiples intermédiaires/pays. 
C'est la seule façon pour l'économie mondiale de fonctionner durablement. 
Le cercle vicieux se met en place dès qu'un pays importe des biens qu'il pourrait produire lui-même, simplement parce qu'ils sont moins chers à fabriquer ailleurs. 
Ce cercle vicieux opère à deux niveaux. 
Mais d'abord, examinons pourquoi la production peut être moins coûteuse dans un pays que dans un autre. 
Généralement, cela est dû aux salaires, aux conditions de travail et aux différences de réglementation environnementale. 
Autrement dit, le pays qui importe des biens bon marché fait fi de ses propres normes sociales et environnementales lorsqu'il s'agit d'autres pays et de profits. 
C'est un comportement colonial. 
Nous voulons un air pur et un environnement sain, des normes sociales décentes, mais nous nous soucions peu de votre mode de vie. 
Tant que tout va bien ici, c'est tout ce qui compte. 
Mais la réalité est tout autre.

•• Les connaissances et les compétences se perdent dans le pays importateur. 
Tout commence par la perte de compétences dans le pays importateur. 
Même si nous le voulions, nous ne pourrions plus produire nous-mêmes des textiles en quantités suffisantes, par exemple. 
Si nous voulions reprendre l'exploitation du charbon, il nous faudrait d'abord faire venir des spécialistes de l'étranger, notamment de Turquie, pour réapprendre des compétences négligées. 
La liste est longue. 
Mais il y a aussi l'autre aspect, tout aussi désastreux. 
À une époque où l'on ne connaît pas de pénurie permanente de biens manufacturés – c'est-à-dire aujourd'hui –, l'économie de marché a été fragilisée. 
Elle a été remplacée par des cartels d'acheteurs. 
Ces derniers mettent en concurrence les pays producteurs à bas coût. 
Si le coût de la vie augmente chez vous, nous nous tournerons vers le prochain pays à bas coût. 
Ainsi, les pays à bas coût n'ont aucun moyen d'égaler les pays importateurs en termes de normes sociales et environnementales. 
Ils restent prisonniers d'un système colonial.

•• Comment les États agricoles tropicaux se sont appauvris ! 
J'aimerais évoquer les pays agricoles d'Amérique centrale et du Sud que j'ai eu le privilège de visiter. 
Leurs villes conservent de magnifiques édifices datant de la fin du XIXe siècle. 
Aujourd'hui, on s'interroge sur la manière dont de tels bâtiments ont pu être construits dans des pays désormais appauvris. 
La réponse est simple. 
À l'époque, les produits tropicaux, que les pays des régions tempérées convoitaient, étaient rares. 
Cette pénurie engendrait une saine concurrence entre les nations acheteuses, et les prix de ces produits exotiques étaient suffisamment raisonnables pour financer la construction et assurer un niveau de vie décent à la population. 
Cette situation ne convenait pas aux capitalistes avides. 
Aussi, grâce à des investissements massifs et même au recours à la force militaire, ils ont commencé à bâtir de vastes entreprises agricoles dans ces pays, des entreprises capables de transformer rapidement la rareté en abondance. 
Et du jour au lendemain, les prix se sont effondrés. 
Un marché de pénurie est devenu un paradis pour les cartels d'achat, et les États se sont appauvris, incapables de garantir des prix équitables. 
Si un gouvernement envisageait alors de nationaliser ces entreprises agricoles pour le bien du peuple, il était rapidement renversé de l'extérieur. 
L'idée même que des idées socialistes puissent s'implanter dans ces pays était tout simplement inacceptable. 
Au XXe siècle, le même scénario s'est produit pour les États possédant d'importantes réserves de pétrole. 
Pensons à l'Irak, à Bagdad peu après la Première Guerre mondiale, à l'Iran en 1952 ou à la Libye en 2011. 
Tous les moyens malhonnêtes ont été utilisés, et le sont encore, pour empêcher ces pays de devenir économiquement viables, voire de fixer leurs prix de vente. 
Aucun cartel de fournisseurs ne peut rivaliser avec les cartels d'acheteurs. 
L'OPEP, elle aussi, n'est qu'un tigre de papier. 
On observe le même phénomène sur les marchés agricoles et laitiers nationaux.

•• Le capital n'a pas de foyer. 
Adam Smith, l'économiste anglais, reconnaissait dans son troisième et dernier ouvrage que le capital n'a pas de patrie. 
Ce troisième volume est resté largement méconnu, bien que Smith lui-même le considérât comme le plus important. 
Il avait compris que les capitalistes sont indifférents à l'origine de leurs profits. 
L'essentiel est de maximiser les profits. 
Cela reste vrai aujourd'hui. 
À l'époque où certains États se souciaient du bien-être de leurs citoyens, des droits de douane étaient imposés pour atténuer, voire idéalement mettre fin, à l'exploitation effrénée. 
Et, bien sûr, pour protéger les industries nationales des importations à bas prix qui ruineraient leurs propres économies. 
Le libre-échange, érigé presque en religion, est en réalité une orgie d'avidité qui finit par détruire les structures de toutes les économies. 
Cela inclut celles des importateurs, car dans ces pays, la main-d'œuvre productive perdue est remplacée par une bureaucratie inutile et improductive. 
Nous sommes alors parfaitement préparés à gérer les pénuries anticipées qui surviendront parce que nous avons oublié comment subvenir à nos propres besoins. 
L'avidité capitaliste est insoutenable car elle est toujours axée sur les profits immédiats. 
Chacun veut sa prime, et ensuite seulement on se préoccupe de la suite. 
Le libre-échange est similaire : il génère des profits rapides sans se soucier de la destruction à long terme des structures établies. 
La Terre abrite une diversité de peuples, de cultures et d'environnements naturels. 
Nous n'avons qu'une seule planète, et si chacun veut vivre dans la dignité, les plus faibles et les moins développés doivent être protégés. 
Certes, tout le monde n'a pas à consommer au même niveau. 
Mais chacun devrait au moins pouvoir atteindre un niveau à la hauteur de ses capacités. 
Or, l'exploitation dont ils sont victimes de la part de ceux qui le peuvent les en empêche.

•• Les parités monétaires manipulées ! 
Pour avoir une vision complète du problème, il faut également considérer la politique monétaire. 
Tous les pays producteurs de biens à bas prix sont privés d'une juste valeur pour leur monnaie. 
Celle-ci est impitoyablement sous-évaluée. 
Prenons l'exemple des salaires horaires. 
En effet, une couturière au Bangladesh ne perçoit qu'une fraction du salaire qu'un travailleur européen gagnerait pour un travail équivalent, du moins lorsque la monnaie locale est convertie en euros ou en dollars. 
C'est un facteur crucial qui explique pourquoi cette production à bas coût est possible. 
Les pays concernés sont impuissants face à cette situation, car les taux de change sont dictés par les principales nations industrialisées. 
Il est donc impératif de corriger les taux de change en priorité. 
Le principe fondamental doit être l'égalité de rémunération pour un travail égal, indépendamment de la monnaie ou du pays. 
Ce seul ajustement éroderait les avantages des importations à bas prix jusqu'à ce qu'elles ne soient plus rentables. 
Cela illustre également à quel point la délocalisation de la production vers des pays à bas salaires nuit à ces derniers, qui sont exploités et donc incapables d'atteindre la prospérité économique. 
Cette délocalisation est une continuation déguisée du colonialisme. 
Les pays concernés ne peuvent s'en défendre que s'ils refusent de coopérer. 
Mais cela ne ferait qu'aggraver leur situation déjà désastreuse : chômage de masse et absence de devises étrangères pour acheter les produits nécessaires au marché intérieur, mais inabordables. Financer par l'endettement ? 
Seuls les États-Unis et, dans une moindre mesure, les pays industrialisés occidentaux y sont autorisés.

•• Le monde a besoin d'un nouveau départ. 
Face à ce désastre, une seule conclusion s'impose : le système économique et financier mondial tout entier a besoin d'une refonte complète. 
Le système actuel ne fait que protéger et encourager la cupidité des nations industrialisées et de leurs dirigeants, plus ou moins anonymes, au service de "l'élite financière", les oligarques. 
C'est précisément ce qu'il faut démanteler. 
Un changement systémique est indispensable, un changement qui empêche efficacement l'accumulation de milliards de dollars de richesse – plus que certains budgets nationaux – susceptibles de dominer la vie politique. 
Nous devons renouer avec un commerce honnête et équitable, ce qui implique des taux de change justes.

•• Existe-t-il une solution ? Oui ! 
Lisez "L’Économie de marché humaine" de Peter Haisenko. 
Vous serez surpris de constater à quel point il est simple de parvenir à un monde juste, à la prospérité universelle et à une paix durable. 
La paix, car les immenses capitaux nécessaires à la guerre n’existeraient tout simplement plus. 
Ce livre est écrit dans un style accessible à tous, car il évite tout jargon financier inutile. 
Oui, il est si simple qu’on pourrait presque le qualifier de politique de droite. 
Mais n’est-ce pas précisément cette complication artificielle qui nous a plongés dans le chaos, rendant impossible la prospérité et la paix universelles ? 
Gardez espoir : c’est possible.  
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Soyons clairs : "L’économie de marché humaine" n’a rien à voir avec les idées socialistes. 
Au contraire, elle rétablit une économie de marché fonctionnelle et les cartels d’acheteurs disparaîtront. 
L’économie de marché humaine apportera aux populations un niveau de prospérité et de liberté qui semblait auparavant utopique.