samedi 30 mai 2026

Des Cerveaux Maintenus en Vie pour des Études !

Des Cerveaux Humains Désincarnés, Prélevés sur des Décédés très Récents, sont maintenus en Vie pour des Essais cliniques de Médicaments, mais sont-ils encore Conscients et leur Âme est-elle Partie ? 

Par Steve Watson

Une start-up réanime le cerveau de personnes décédées pour tester des thérapies contre la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Dans une avancée qui semble tout droit sortie de la science-fiction, une start-up du Connecticut appelée Bexorg utilise des technologies permettant de maintenir en vie des cerveaux humains fonctionnels hors du corps pendant de longues périodes.

Ces organes prélevés sur des donneurs récemment décédés sont utilisés pour tester des médicaments expérimentaux contre les maladies neurodégénératives.

Ces travaux ont suscité un nouveau débat : ces cerveaux pourraient-ils posséder une forme de conscience ?

Traduction de « X » : Ni vivant, ni mort : des cerveaux humains désincarnés pour des essais cliniques. 

En restaurant certaines fonctions aux cerveaux intacts de donneurs décédés, la start-up Bexorg espère créer un meilleur terrain d’expérimentation pour le développement de médicaments contre les maladies neurodégénératives. Science

Le système « BrainEx » de la société fait circuler du sang synthétique dans le réseau vasculaire du cerveau, l'approvisionnant en oxygène et en nutriments tout en maintenant une température adéquate et des conditions optimales.

Cela permet aux cerveaux de rester métaboliquement actifs pendant 24 heures, voire plus, offrant ainsi une plateforme réaliste pour observer comment les médicaments interagissent avec les tissus nerveux humains au niveau cellulaire et moléculaire.

Contrairement aux expériences animales classiques ou aux organoïdes cultivés en laboratoire, ces cerveaux humains intacts bénéficient de plusieurs décennies d'expérience concrète avec les médicaments, les facteurs environnementaux et les processus de vieillissement.

Le fondateur de Bexorg, Zvonimir Vrselja, a souligné cet avantage : les cellules qui existent depuis 60 à 80 ans offrent des perspectives qui vont bien au-delà des modèles simplifiés.

L'article paru dans la revue "Science" souligne que cette approche a déjà donné des résultats concrets. 

La société pharmaceutique Biohaven a utilisé des données issues du cerveau de Bexorg pour développer un médicament ciblant les déficits énergétiques dans les cerveaux malades. 

Dans un autre cas, un traitement contre la maladie de Parkinson, qui s'était révélé inefficace chez la souris, s'est avéré prometteur à des doses beaucoup plus faibles chez l'homme.

La principale tension éthique porte sur la conscience. 

Bexorg affirme que le cerveau est dépourvu de l'activité neuronale coordonnée nécessaire à toute forme de conscience, même minimale. 

Pour s'en assurer, il administre du propofol, un anesthésiant qui supprime les signaux électriques. 

Mais le processus même de restauration de la fonction cellulaire dans un cerveau humain intact nous oblige à nous interroger sur la véritable nature de la conscience.

Cette évolution s'inscrit dans un contexte d'intérêt scientifique croissant pour la nature de l'esprit. 

Des chercheurs ont émis l'hypothèse que notre cerveau pourrait activement construire l'univers que nous percevons, suggérant ainsi que la conscience joue un rôle fondamental dans la réalité elle-même.

D'autres recherches suggèrent que les processus conscients pourraient être basés sur un rythme cardiaque quantique, ce qui indique l'existence de mécanismes qui vont au-delà de la biologie classique.

Le tableau se complique encore davantage avec de nouvelles découvertes suggérant que la conscience pourrait persister au-delà de la mort clinique.

Ce n’est pas la seule avancée récente qui brouille les frontières entre le traitement des données biologiques et la conscience. 

En mars, des chercheurs australiens de Cortical Labs ont entraîné des amas de cellules cérébrales humaines cultivées en laboratoire à jouer au jeu vidéo classique "Doom", s’appuyant sur des travaux antérieurs où des "mini-cerveaux" similaires avaient maîtrisé le jeu "Pong".

En utilisant environ 800.000 neurones vivants dans une boîte de Petri reliée à des puces de silicium, les cellules ont appris à s'orienter, à tirer et à réagir à l'environnement 3D du jeu grâce à un retour d'information électrique.

Le système démontre un apprentissage orienté vers un but et une adaptation en temps réel, soulevant ainsi des questions similaires quant au potentiel d'une conscience rudimentaire dans un tissu neuronal isolé.

Associés à la plateforme cérébrale désincarnée de Bexorg, ces projets soulignent une accélération rapide des technologies permettant de maintenir le tissu nerveux humain actif et réactif en dehors du corps.

Bien qu'ils visent des percées médicales et une informatique efficace, ils repoussent ensemble les limites de ce qui constitue un traitement conscient.

Si la conscience possède des aspects quantiques ou non locaux, ou si elle peut survivre à la séparation d'avec le corps, les implications pour ces cerveaux et mini-cerveaux ressuscités deviennent profondément inquiétantes.

L’influence de la conscience ou de la souffrance est-elle possible même sans expérience subjective complète ? 

Les bioéthiciens tirent la sonnette d’alarme, soulignant l’absence de cadres de contrôle établis pour de telles recherches.

Bexorg a consulté des spécialistes en éthique et a insisté sur le fait que les mesures de sécurité empêchent toute prise de conscience. 

Les cerveaux ne sont ni "vivants" au sens holistique du terme, ni complètement morts, mais plutôt dans un état limbique. 

Néanmoins, cette technologie réactive les fonctions cellulaires, la synthèse protéique et l'activité métabolique – précisément les substrats associés à l'esprit.

Le développement traditionnel de médicaments repose largement sur des modèles animaux, dont les résultats sont souvent difficilement transposables à l'homme. 

Les organoïdes cérébraux cultivés à partir de cellules souches offrent une alternative, mais ils ne présentent pas la complexité d'un cerveau humain pleinement développé.

La plateforme de Bexorg vise à combler cette lacune, accélérant potentiellement les traitements contre la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson et d'autres maladies, tout en réduisant la dépendance aux tests sur les animaux.

L'entreprise a traité plus de 700 cerveaux en cinq ans et développe ses capacités grâce à l'automatisation, notamment par des systèmes robotisés d'analyse.

Ses partisans y voient un progrès pragmatique dans la recherche biomédicale. Ses détracteurs craignent qu'elle ne brouille la frontière entre la vie et la mort et n'ouvre la voie à de nouvelles expériences sur les tissus nerveux humains.

Ce travail s'inscrit dans les débats actuels en neurosciences. 

Si le cerveau crée notre univers perçu, ou si la conscience fonctionne par des processus quantiques, alors même une restauration partielle des fonctions cérébrales exige un examen approfondi.

L'éventualité que la conscience puisse survivre à la mort ajoute une autre dimension : que conservons-nous exactement en vie dans ces contenants ?

Les scientifiques soulignent que les protocoles actuels, notamment l'anesthésie et la surveillance, excluent toute conscience. 

Cependant, avec les progrès technologiques, la question de la détection devient cruciale. 

Comment savoir si un cerveau désincarné perçoit des pensées ou des sensations ?

Ces expériences obligent la société à repenser les définitions de la personne, de la mort et du statut moral. 

Elles rappellent les grandes avancées scientifiques qui ont impulsé une évolution éthique, de la transplantation d'organes à la fécondation in vitro. 

La perspective de guérisons plus rapides des maladies invalidantes est séduisante, mais elle soulève de profondes incertitudes quant au fonctionnement de l'esprit.

À mesure que la recherche progresse, une surveillance transparente et un débat public seront essentiels. 

La technologie ne se contente pas de faire progresser la médecine, elle explore aussi les mystères les plus profonds de l'existence : qu'est-ce qui fait de nous des êtres conscients, et où réside cette conscience ?

Les avancées réalisées à Bexorg constituent une étape importante en neurosciences translationnelles. 

Reste à savoir si elles permettront à terme d'atténuer la souffrance humaine ou si elles soulèveront des dilemmes éthiques non résolus. 

Une chose est sûre : la frontière entre le cerveau et l'esprit est plus mystérieuse que jamais. 

https://uncutnews.ch/koerperlose-menschliche-gehirne-werden-fuer-arzneimitteltests-am-leben-erhalten-aber-sind-sie-bei-bewusstsein/